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Le zen du cireur


Il est des corvées que personne n’aime faire: lessive, vaisselle, les courses, la liste est longue comme le bras.

Quand je n’étais qu’un petit gamin, l’une des activités incontournables du dimanche matin était le cirage des chaussures. Dans la famille à l’époque, il fallait avoir des chaussures propres et cirées. Cela devait briller. Mon grand-père avait été un temps cordonnier, en plus des autres emplois qu’il avait occupés; ceci explique peut-être cela.

Ma grand-mère faisait tourner la maison, toujours occupée à quelque-chose, mais les chaussures, c’était le domaine réservé de mon grand-père, et il en avait fait tout un rituel: ouvrir la boîte métallique contenant les brosses, les lacets de rechange, les boîtes de cirage, un chiffon, puis aligner les paires de chaussures sur du papier journal avant de lancer le travail à la chaîne: enlever les lacets, nettoyer au chiffon avant de déposer soigneusement une couche de cirage à l’aide d’une brosse, passer au soulier suivant et ce jusqu’au bout de la file, puis prendre à nouveau chaque chaussure, passer la brosse à reluire, remettre le lacet, et recommencer avec la chaussure suivante, et hors de question de se faciliter la vie avec les produits modernes en tubes avec une éponge!

Si les cousins étaient là eux aussi, par exemple les dimanches de communions, la file s’allongeait d’autant, et comme la famille est  assez nombreuse, cela pouvait éventuellement faire une douzaine ou une quinzaine de paires. Personnellement, avec un travail aussi long et ennuyeux en perspective je me serais carapaté à la première occasion, mais quand-même, j’admirais le courage et la persévérance d’y passer autant de temps!

Aujourd’hui, même si j’ai au plus deux paires à cirer, j’y prendrais presque plaisir. Le temps de s’occuper d’une chaussure (lacet, nettoyage, cirage) , de passer à la suivante, puis le second tour (brosse à reluire, lacet, chaussure suivante), les gamins préfèrent s’éloigner pour s’amuser et discuter que d’avoir à se farcir tout le tremblement.

Du coup le cireur a la paix, et en viendrait presque à regretter  de n’avoir pas cinq ou six paires supplémentaires, juste histoire d’avoir un peu plus de temps pour se poser et réfléchir.

Comme quoi, les apparences…

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  1. 2 septembre 2019 à 15:30

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