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Panster Power !


Adepte de poêles grand-bretonnes ? Nope.

Explication.

Planner,  panster, planster

Il existe au moins trois manières de gérer le challenge du NaNoWrimo.

Le planner prépare un plan détaillé de son récit, chapitre par chapitre, scène par scène. Ce travail de planification peut vite devenir assez énorme, mais a pour avantage principal que les différentes intrigues, ou « plots », ou encore arcs, sont prêts de A à Z, et qu’il ne « reste » qu’à écrire en gérant les éventuelles divergences par rapport au plan initial.

Le planster utilise une méthode intermédiaire. Le plan général et les plots sont prêts dans les grandes lignes. L’écriture demande à priori plus de travail que pour un planner, mais la feuille de route est suffisante pour en principe arriver sans trop de problème à destination.

Le panster se lance dans le challenge les mains dans les poches, avec en tête une vague idée des plots et des persos, voire quelques scènes seulement, mais rien de formalisé. Le résultat est brut de décoffrage, et le travail de correction et de réécriture est assez énorme.

Pansta Powah !

J’avais dans l’idée quelque-chose du genre « Full Metal Panster Jacket », mais ça rendait  bien mieux avant de l’écrire. Bref, vous l’avez compris, Je suis un panster invertébré invétéré. Cf. mon post sur Facebook (ne cherchez pas, je n’ai plus de compte FB), où je pestais contre ma muse qui m’avait alors lâchement abandonné en ne me laissant que quelques persos sur un post-it.

Ce que j’aime dans l’a-méthode l’approche panster, c’est la totale liberté. Un perso devient trop encombrant ? Par ici la sortie ! Il manque un rouage quelque-part ? Hop, un sub-plot supplémentaire.

Il y a un petit soucis tout de même. Comme rien n’est figé d’avance, mes perso font un peu ce qu’ils veulent, et reboucler tous les arcs peut devenir assez difficile.

Le panster que je suis a beau ne rien préparer d’avance, il y a bien une méthode en commençant par …

La première session d’écriture

Antique writing desk - Casa Loma

C’est à la fois le plus trivial et le plus difficile : il suffit de se lancer. Soit j’ai un début d’idée de scène de départ, soit j’ai un ou plusieurs points d’étapes pour le futur, soit je n’ai rien, ou si peu (quelques mots sur un post-it).

La base d’une histoire, ce sont les persos, alors je me débrouille pour avoir une liste de noms, de métiers, parfois quelques traits physiques. On peut se contenter d’un bâtiment, d’une cahute, d’un véhicule, d’un paysage mais il faut se lancer.

 » Kruger attend les ordres dans ses quartiers. « 

Cette première phrase posée en appelle une autre, puis une autre, et ainsi de suite. Par effet boule-de-neige, on avance une phrase à la fois. C’est mal écrit, bancal, bourré de faute ? Peu importe. L’essentiel est de terminer ce premier paragraphe et d’entamer le suivant.

« Kruger attend les ordres dans ses quartiers. Tout peut commencer sur un simple appel. L’ensemble du dispositif est prêt, les machines sont sur leurs espaces de départ, et il ne leur manque que le plein. Les derniers exercices remontent à deux jours. Chaque homme de chaque équipage est prêt. Seule l’inaction pourrait leur faire perdre en efficacité. Le prochain exercice devrait avoir lieu demain ou au pire douze heures plus tard.  »

( « Europa », 1er Novembre 2014, Minuit et quelques)

A défaut de savoir où je vais, jecommence à savoir où je suis. Du coup, je peux enchaîner. Lorsqu’on m’a demandé « Kruger : Diane ou Freddy ? « , le choix a été très vite fait – je vous laisse deviner. Dès lors, j’ai un nom, Kruger, un métier, officier de marine du Directoire, une mission encore inconnue, et le début d’un plot.

Les sessions suivantes

Après quelques paragraphes supplémentaires écrits de nuit, cette première journée d’écriture se fait en privé, seul sur mon canapé, avec un petit fond musical.

Par le suite, les sessions suivantes – deux les jours travaillés, plus les autres jours – suivent à peu près le même rituel.

Pour le NaNoWriMo, il faut écrire vite. Cinquante mille mots, ce n’est pas rien. Il faut donc éviter de perdre du temps, donc éviter de revenir sur ce qui a déjà été écrit. L’Inner Editor, ou éditeur interne, personnifie cette propension à vouloir corriger au plus vite. C’est la plaie du nanoteur, qu’il soit panster ou non. Il doit absolument être mis sous contrôle. Pour éviter les frustrations, je le laisse s’occuper du dernier paragraphe ou de la dernière phrase de la session précédente.

Une fois l’Inner Editor contenté, on peut reprendre l’exercice : une première phrase, puis une seconde et ainsi de suite. Un blocage ? Un questionnement ? Je change de scène, de perso, ou de point de vue. Les réponses viendront quand elles le voudront bien.

Enfin, j’essaie de terminer chaque session par le début d’une scène, que je compléterai lors de la session suivante, histoire de relancer le « flow« .

Mesurer sa progression

En fin de session, je note dans une grille de calculs  le nombre de mots écrits et la durée de la session. C’est un petit peu plus compliqué que cela, mais la grille calcule le nombre de mots restant à écrire pour remplir le quota du jour, le nombre total de mots que je peux alors reporter sur le site du nano, le nombre de mots restant avant d’atteindre le but des cinquante mille mots, et la date à laquelle je suis susceptible d’atteindre ce but

Avec ces mesures, j’évite le stress et la frustration. Par exemple, si je suis trop fatigué ou occupé pour écrire, mais que j’ai deux kilos mots d’avance, ma grille de calcul me montre que tout va bien.

Bref, je mesure, et la grille me rassure.

Les notes et le Camp NaNoWriMo

Je prends beaucoup de notes au fur et à mesure de l’écriture, généralement sur papier libre ou dans mon carnet, parfois dans un document ou un dossier à part de mon texte. Ça me permet d’enrichir la connaissance que j’ai de mes persos et des lieux qu’ils parcourent.

Le Camp NaNoWriMo d’Avril est une bonne occasion d’approfondir les choses. J’y ressors mes notes et écris quelques « Tranches de Vies » de mes persos. C’est aussi le moment d’écrire des scènes manquantes, ou des scènes alternatives, parfois des micro nouvelles.

Un test

Une année, j’ai tenté d’être planner. J’ai fait un plan très détaillé, chapitre par chapitre, scène par scène. Tout était prêt ; il ne restait qu’à écrire. J’ai apprécié écrire ce plan, mais quel « fun » resterait-il dans l’écriture ? Presque aucune découverte de mes persos, aucune surprise à en attendre…

Bref, j’ai trouvé ça flippant.

Oui, j’ai réellement flippé ! J’ai benné mon plan tout beau, tout propre dix minutes avant le début du nano. J’ai repris quelques persos et nanoté en mode panster. Ça a été magique !

Le résultat

On peut dire que ça me réussit, vu que j’ai validé chacun des NaNoWriMo auxquels j’ai participé, et lorsque je peux écrire « That’s all, Folks », chaque sub-plot, chaque arc est clos, l’histoire est terminée, même si parfois une suite ou des spin offs sont possibles.

Par exemple, mon tout premier nano « Page Blanche » pesait 62 463 mots, et celui de 2014, « Europa » en pesait 84569 et a donné lieu à un spinoff maintenant en cours de correction.

Pour conclure

Je dis souvent que je n’écris pas des romans, mais que je me raconte des histoires. Découvrir mes persos, leurs buts, leur atermoiements, leurs envies cachées ou leurs ambitions assumées, découvrir leurs aventures en même temps qu’eux, voilà mon carburant. Je ne conçoit pas mon écriture autrement.

Qu’on ne s’y trompe pas, la méthode Panster n’est pas une méthode de fainéant. Tout le travail de préparation, les fiches, les plans, etc sont remplacés par un travail supplémentaire lors de la réécriture. Il y a beaucoup à réécrire et à corriger, des arcs à redresser, des scènes à couper, d’autres à ajouter. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

Crédit image :

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Quatre mots dans un carnet

08/01/2019 1 commentaire

De temps en temps je parcours mes anciens carnets. Au fil de pages ouvertes « au petit bonheur, la chance », je redécouvre des idées, des « incipit » (mot apparemment invariable, je viens de l’apprendre), des listes de noms, de titres, des phrases qu’il m’a semblé à l’époque devoir inscrire quelque-part, des ébauches d’articles ou de micro nouvelles, en bref, de véritables fourre-tout à idées…

Les plus anciens – tout est relatif – de ces carnets sont peut-être les plus intéressants, avec parfois des inattendus. Une suite à « Page Blanche » que j’ai un temps envisagée puis abandonnée pour finalement l’oublier. Idée aujourd’hui bizarre, vu que ce premier roman, que j’hésite toujours à proposer à la parution pour des diverses raisons, me semble entier, complet, même si…

Bref, des notes en tous genres, parfois à me faire douter de ma mémoire. « La Morsure du Givre », par exemple. Quatre mots griffonnés à je ne sais quelle occasion vers 2013 si j’en crois la suite du carnet. Je me souviens de la neige de cette année-là, mais pas pas qu’il ait gelé à pierre-fendre. Là, c’est mon cerveau qui semble gelé.

Dernière impression d’un rêve ou d’un cauchemar notée à la va-vite avant que le quotidien ne l’efface presque irrémédiablement ? « La Morsure du Givre » m’apparaît maintenant comme la douleur d’une mémoire figée entre deux ou trois neurones, mais inaccessible. Impossible de remettre la main sur l’origine de la chose.

En dernier recours, ma mémoire faisant définitivement défaut, je me suis hasardé à soumettre ces quatre mots tout simples à une recherche sur les internets. Et Wikipedia lux fit.

Paru en 2013, « La morsure du Givre », septième opus de la série « Mercy Thompson » de Patricia Briggs est classé dans la catégorie bit-Lit, fantasy urbaine.

C’est … très éloigné de ce que j’affectionne habituellement. Du coup, si la mémoire m’est revenue, je ne comprends toujours pas le pourquoi de cette note de 2013.

Pour les amateurs qui ne la connaîtraient pas encore, la série est certainement intéressante, alors n’hésitez pas…

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Rencontres asymétriques

18/12/2018 3 commentaires

Repas terminé.

Enfin, repas … il faut voir. Au sens où ça comble le creux du midi, c’est mission accomplie. Quelques frites, un steak végé, d’ailleurs un peu trop à mon goût ce coup-ci, le tout arrosé de Château-La-Pompe cuvée spéciale carafe.

Ce n’est pas la qualité de la nourriture que je recherche ici, car on peut trouver mieux ailleurs pour à peine plus cher.

Ce qui m’importe, c’est l’endroit où je suis installé, non par habitude, mais pour ce qu’il offre à voir. Les gens. A chaque repas dans ce restaurant populaire – au sens premier du terme – c’est tout un réservoir d’inspiration pour les protagonistes de mes écrits : des gens de tous genres et de toutes situations sociales, ou presque.

Il n’y a aucune interaction de ma part, aucune conversation, aucune intention. J’observe, tout simplement, mon carnet prêt à recevoir ce qui voudra bien se présenter. Une phrase, une personne, une situation qui sort du lot, et c’est une toute nouvelle porte sur l’imaginaire. Le monsieur ventripotent à l’extrême qui souffle en se dirigeant vers la sortie, la dame qui tente de sauver les apparences lorsque son rejeton pousse une braillante à en rendre Beethoven sourd une seconde fois, …

Pas besoin de s’attarder sur l’un ou sur l’autre, quelques secondes de leurs façons d’être suffisent souvent, mais parfois, c’est un futur personnage presque entier qui surgit à l’occasion de ces rencontres asymétriques. Angie a été créée de la sorte, inspirée par cette étudiante bossant ses cours tout en avalant distraitement ses crudités. Ulysse, dragueur à tout va mais apparemment abonné aux râteaux a eu plus de chance dans mon univers alternatif. Cette autre femme très propre sur elle, habillée « chic », détonnait dans ce milieu plutôt CSP moyen dans son ensemble. Elle est devenue, dans ma version, dirigeante d’un cartel industriel. Parce que.

Repas terminé, donc, mais les aventures de mes persos ne font que commencer…

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