Carmen à la Plage

septembre 11, 2018 Laisser un commentaire

Pour la première fois depuis des années, mes loupiaux n’ont pas passé leurs congés chez-moi. A dix-sept et vingt-deux ans, ce ne sont plus vraiment des loupiaux même si, comme pour tous les parents …

Bref, j’avais trois semaines à occuper sans que qui que ce soit n’ait besoin de moi. Pas de planning – même léger – imposé par les repas, les courses, les lessives. Là dessus, j’avais vraiment besoin d’une pause, pour me « requinquer », comme on dit chez-nous. Je suis donc parti seul pour une petite semaine de vacances, avec pour seul programme, hormis le trajet aller et retour, farniente, balades à vélo, quelques siestes attrapées ici et là par surprise, et pas mal de temps à ne rien faire d’autre que de profiter du moment..

Le vélo démonté dans le coffre de la Logan, une valise et un sac à dos sur le siège arrière, quelques en-cas dans une petite glacière, j’ai pris la route pour une petite dizaine d’heures pauses comprises, accompagné par Carmen. Avec son accent improbable, Carmen est la compagne de voyage idéale pour de longs trajets.

Idéale car discrète : les longues portions d’autoroutes se déroulent en silence, et elle ne se manifeste que lorsqu’il faut changer de voie ou de direction. Elle est alors beaucoup plus volubile, obstinée parfois, n’hésite pas à se répéter, parfois alors que j’ai déjà effectué le changement de cap indiqué. Rien ne sert de s’agacer contre elle, c’est sa nature. Elle sait où je veux aller, et tient par dessus tout à ce que j’y parvienne, même si je décide de faire un petit détour touristique. C’est le « presque » de « presque idéale ».

 » Prenez la prochaine sortie.
– Mais Carmen, tu me fais quoi, là, je veux contourner Rouen,
pas passer par le centre-ville..
– Au prochain embranchement, tournez à droite.
– … et depuis le temps qu’on se connaît, tu pourrait me tutoyer,
tu ne crois pas ?)
– Tournez à droite. »

Difficile de lutter contre un GPS.

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Une compagnie presque discrète

août 14, 2018 1 commentaire

Mon quartier est un « coin à chats ». Entre les champs, le canal, les jardins ouvriers et le parc Mosaïc, ils ont largement la place pour y vivre leurs vies sans manquer de nourriture. Avec les naissances, la population se renouvelle assez vite, et seuls les chats « domestiques » vivent là à plein temps. On ne les remarque presque plus, même si certains font quelques dégâts de temps à autre.

Cette année, ce sont deux jeunes de l’an dernier qui ont fait de mon « chez-moi » leur « chez-eux ». Je les retrouve sous mon auvent chaque matin et chaque soir, et je suppose qu’ils font leurs siestes au milieu de mes cultures. Là où il y a des chats, il y a moins de souris, un peu comme les araignées avec les mouches et les moustiques. En outre, leur présence dissuade le vieux mâle du coin, un rouquin balafré, de venir faire ses besoins dans mes bacs.

Ces deux chats sont sociabilisés et prennent un « non !  » dit un peu fort pour ce qu’il est. Nous avons passé un marché, une espèce de bail sans durée ni numéraire : ils peuvent squatter tant qu’ils voudront, à condition qu’ils continuent à se comporter correctement, ce qui est le cas. Tout le monde y gagne.

S’ils se laissent approcher, ils refusent tout contact et préfèrent filer dès leur enveloppe de sécurité franchie.

Parfois ils entrent dans la maison, comme deux observateurs un peu curieux mais discrets.

La bicolore va plus loin : elle entre et sort comme ça lui chante, et il n’est pas rare de la voir prendre la pause en bas de l’escalier ou près de l’entrée et, une fois sure qu’on l’a remarquée, repartir sans mot dire. C’est à se demander qui habite chez qui…

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Oh, des nuages !

août 10, 2018 Laisser un commentaire

Je fais moins de photos depuis quelques temps. Je veux dire, « de photos intéressantes ». Quand il fait beau, et que la lumière est plaisante, je profite de quelques minutes de libres avant de partir travailler pour tenter de capturer quelque-chose « d’à peu près inhabituel », rarement avec succès. Il faut dire qu’à cette heure-là, à part les chats, deux ou trois pigeons et un couple de pies, il ne passe, ile ne se passe pas grand-chose par chez-moi.

Ce mardi, le soleil levant était pile dans l’axe du chemin qui mène à la rue, et la lumière illuminait quelques petits orbes nuageux. La vue était assez plaisante, assez pour une photographie qui rend finalement assez mal. On a beau dire, un téléphone ne fait pas un bon appareil photo (et l’inverse est encore plus vrai).

La vue n’a duré que quelques minutes, jusqu’à ce que la lumière change à nouveau.

Changement de point de vue, ou plutôt orientation plein Ouest et plein azimut du « pseudo objectif téléphonique », et là une vue à couper le souffle, un peu comme celle qu’a eue Virgil Brigman au fond de sa fosse.

Mouip, bizarre, cet aérosol de monoxyde de di-hydrogène… C’est assez « Zen » …

… mais ce n’est qu’un nuage.

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Cultures et orteils de trolls

août 7, 2018 Laisser un commentaire

L’été est bien avancé, les cultures aussi. La plupart des blés de la région ont déjà été moissonnés, une partie des légumineuses a été récoltée, les tomates donnent à plein. Le feuillage de mes plants de pommes de terre commence à sécher malgré un arrosage mesuré mais régulier. Les petits fruits verts de la taille de gros raisins commencent à tomber au sol. Je vais laisser retomber les « verts », ou « fannes » comme on les appelle par ici, pour une récolte d’ici quelques semaines. J’espère obtenir plus que les trois kilos de l’an dernier, ce qui était une performance pour un premier vrai essai.

Une autre de mes cultures en bacs est celle des piments. Je crois que ce sont des piments basques, mais je n’en suis plus très sur. Ce qui est certains, c’est qu’ils poussent très bien malgré tous les avertissement qu’on m’a donnés. « Ce sont des hybrides, les fleurs seront stériles » ou encore « Pourquoi tu t’embêtes à semer ? Achète des plants, tu gagneras du temps ! »

Mouip. Apparemment, mes semences ne savent pas ce que les mots « stérile » et « hybride » veulent dire, puisque année après année, je sème les graines de la récolte précédente. Année après année, j’ai tellement de piments que je ne peux pas tout consommer, même en produisant de l’huile pimentée, en déshydratant les fruits pour faire mes sauces pendant l’hiver. Ce qui est certain également, c’est qu’ils ne ressemblent à rien, sauf peut-être à des orteils de trolls. Enfin, j’imagine…

En parlant d’huile pimentée, la recette est simple : mettre des gants en latex – la capsaïcine ne pardonne pas – puis placer un bouquet garni dans une bouteille, une ou deux gousses d’ail, quelques morceaux de tomate déshydratée, et des piments entiers ou coupés en tranches d’un centimètre d’épaisseur, avec ou sans les graines, puis remplir la bouteille avec de l’huile – colza, olive, ou autre suivant les goûts. En quelques semaines au frais et à l’abri de la lumière, l’huile se colore et prend le goût des piments et du bouquet garni.

Quelques gouttes sur une pizza, deux cuillers à soupe dans une marinade, ça change tout.

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Herbes folles

août 3, 2018 Laisser un commentaire

Le jardin en bacs continue d’occuper ma courette. Outre les pommes de terre dont les plants sont issus de la maigre récolte de l’an dernier, du cerfeuil et un nouveau « pied » de lavande sont venus remplacer les haricots grimpants.

J’ai préféré oublier ces derniers, cette année. J’aime beaucoup l’ombrage qu’ils apportent, mais les bacs que j’utilisais ne sont pas assez profonds pour que des haricots s’y trouvent à l’aise. Je pense soit acheter un bac en bois de dimensions correctes lors des soldes de braderie ou d’hiver, soit en construire un moi-même. Ce sont les circonstances qui en décideront.

Le nouveau pied de lavande n’a pas été acheté en magasin. Il s’agit simplement d’une semaille accidentelle dans le pot voisin du pied d’origine. Ce fut la belle surprise de l’automne dernier, quand j’ai mis à l’abri mes persistantes pour l’hiver.

Le cerfeuil servira pour la cuisine, branche après branche pour préserver le pied, mais il est probable qu’il ne survive pas aux moules-frites de Septembre.

La seconde surprise est venue au printemps, quand j’ai « séparé » mes pieds de menthe et de mélisse. Il y avait tellement de surjets que les pots de menthes et de mélisse se sont multipliés, et occupent une bonne partie du pied de mon mur. A ce rythme, il y en aura probablement trop au printemps prochain, de quoi en donner à toute la famille. La citronelle en est au même point, à un détail près : les pieds de l’an dernier n’ont pas survécu à l’hiver, mais leurs très nombreuses graines sont tombées en terre, et ont germé et poussé dès la fin de l’hiver.

La dernière surprise est venue du portillon d’entrée. J’y ai déjà vu de l’herbe à vaches, de l’ortie, et même de la ciboulette, alors que je ne suis jamais parvenu à la cultiver en pots. Ici, cette année ….

… un pied de menthe, certes bien attaqué par les parasite, mais bien vif.

Et là, juste à côté, caché sous une petite touffe d’herbe …

… un nouveau pied de lavande.

Comme quoi, l’asphalte et le béton ont beau faire, la nature a toujours raison.

Et nous, saurions-nous redevenir des herbes folles ?

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Cinq heures trente

juillet 31, 2018 Laisser un commentaire

Les congés avancent à (trop) petits pas. Encore quelques semaines à tenir. Ca devrait aller, mais je vais avoir besoin de quelques grâce-matinées pour me reposer réellement. Ah, traîner au lit une petite demi-heure, se lever à huit heures au lieu des cinq heures trente habituelles.

Cinq heures trente ?

Cette question-là revient presque aussi souvent que le « Tu ne regardes pas la télé ? Mais qu’est-ce que tu fais de tes soirées ?

Pour comprendre, il faut revenir quelques douze ou treize années en arrière. Je me levais vers huit heures pour un départ au travail au plus vite. Je devais me dépêcher, avaler mon petit-déjeuner tout rond quand j’en avais le temps, m’habiller en vitesse et me lancer sur les routes pour tomber juste… dans les bouchons.

C’était une période très difficile de ma vie. Le divorce, un nouveau travail, « tout ça », comme on dit.J’ai fini par en avoir assez de courir, et j’ai pris mon temps… en me levant toujours à huit heures, ce qui m’obligeait à speeder le reste de la journée pour que le travail dû soit fait.

Pas glorieux du du tout.

Cinq heures trente, donc

Mon but était d’avoir le temps le matin. Du temps pour un vrai petit déjeuner, du temps pour lire, pour écrire, bricoler un peu. J’ai donc fixé mon heure de lever à cinq heure trente. Avec un départ pour le travail à sept heures moins le quart pour éviter les embouteillages, ça me laisse plus d’une heure pour me préparer sans stress, entretenir mon jardin en bacs, repasser une chemise si il faut, etc.

Enfin des débuts de journées tranquilles, sans stress, sans avoir à courir.

Reste un problème à gérer, ou plutôt deux. Le premier est simple : à dix heures, pour moi il est midi, et mon estomac gronde comme un ours affamé. Un petit en-cas pour tromper la faim, et c’est réglé.

Le second problème ?

Les soirées

Se lever plus tôt n’allonge pas les journées. Au mieux, ça les rend plus longues, mais en réalité, ça raccourcit les soirées. A vingt et une heures, il n’y a plus personne à la barre, et le navire menace de s’échouer en vrac sur le canap. Le plus simple est d’évacuer son âme dès que les yeux se croisent. Avec le temps, l’heure du coucher oscille entre vingt heures trente et vingt deux heures, à une vache près, mais en respectant ce principe, et sans se forcer à passer son cap, cinq heures trente le matin, c’est du gâteau.

Alors, pourquoi j’en parle ?

Et bien… je suis crevé, les batteries sont à plat, et les congés sont un poil trop loin. Lever difficile, après-midi en mode zombie, soirée inexistantes, et les weekends ne suffisent plus.

Je veux mes vacances !

Elles finiront bien par arriver, ces vacances, et je compte bien en profiter : changer d’air, changer de rythme, pioncer autant que nécessaire, n’accepter (presque) aucune contrainte, passer de bons moments sans m’imposer quelque horaire que ce soit.

En trois mots, de vraies vacances.

Je réduis déjà le rythme, en dehors du travail. Déjà, ce billet est en retard, et je verrai si j’en produits un les deux ou trois prochaines semaines, même si les sujets ne manquent pas.Je vais plutôt m’occuper de deux bécanes en attente de linuxification, terminer le contrôleur de leds RGB, lire…

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Une rencontre (Il suffira d’un cygne)

juillet 24, 2018 Laisser un commentaire

Alors que, normalement, j’ai plusieurs articles d’avance, prêts ou presque à être publiés, depuis plusieurs mois, je galère. Du coup, je commence toujours mes articles par « Pas de billet cette semaine ». En expliquant pourquoi, comment, par quelles petites choses de la vie j’en suis arrivé là, en général, ça se décoince.

M’est avis que je ne travaille pas assez sérieusement sur ce blog. Par travailler, je n’entends pas m’infliger quelque torture que ce soit. Ecrire est toujours un plaisir, mais en m’y prenant presque au dernier moment, c’est plus du ressenti, du subi qui ressort de mes articles.

Alors, quoi de neuf, quelle petite-chose a-t-elle occupé réseau neuronal biologique ces derniers temps ?

Une rencontre…

Attaqué par une bête sauvage.

Si-si, mais… n’exagérons rien. Par ici il n’y a ni ours, ni lycanthropes, ni sanglier ni lapin adulte. Euh, si, des lapins adultes quand-même, mais pas de Bohort, donc tout va.

Je roule toujours. En choisissant mon horaire, en partant tôt, j’arrive à faire mes quinze à vingt et quelques kilomètres assez régulièrement. Pour éviter le cagnard – le soleil tape très fort, très tôt en ce moment – j’évite les espaces ouverts. Les chemins dans les bois et le long des canaux, me conviennent très bien, et m’évitent de me faire tanner le cuir au soleil, et de me faire bouillir la cervelle.

On croise de tout, ou presque dans ces endroits. Je passe sur les promeneurs et promenés. Suivant l’itinéraire, ce sont lapins, lièvres, cailles, faisans, poules d’eau et canards qui se montrent plus ou moins. Bohort s’enfuirait de là plus vite qu’un coureur cycliste dopé sur un vélo électrique.

Quelques chats aussi, auprès de qui je ne m’attarde pas très souvent, malgré des discussions aussi improbables que potentiellement intéressantes.

Alors, cette bête ?

J’y viens presque. Si les poules d’eau sont prudentes et se planquent à peine ont-elles vu le début d’un humain, les canards sont carrément suicidaires. Régulièrement, l’un ou l’autre de ces colverts déprimés passe fort près de se faire hacher et de me casser une flopée de rayons en passant à travers ma roue.

Le Parc de la Deûle a bien amélioré les choses, et à l’extrémité du canal de Seclin vivent plusieurs cygnes, dont au moins un couple avec une couvée de six ou sept oisillons. Je me suis déjà fait courser et pincer par un jars. Oui, ça pince, et fort ! Et ça court plutôt vite. C’est mauvais comme la gale quand on ose pénétrer sur son fief, pire qu’un chien derrière un postier ou un politicard face à un journaliste qui pose les questions qui fâchent.

Et bien, un cygne, c’est pire, bien pire. Pendant que Madame Cygne mettait sa progéniture à l’abri sur l’eau, Monsieur Cygne a fait son boulot : pas de détails, pas de pitié, foncer, souffler et cracher comme un chat, prendre du volume en déployant ses ailes, pincer et courser le cycliste qui ne faisait que passer sans même penser à mal ni chercher noise.

Ça peut aller vite, un cygne, mais heureusement, Monsieur Cygne avait d’autres intrus humains à éloigner. La prochaine, fois, je ferai un petit détour, histoire d’éviter de déranger la petite famille. La faune sauvage non domestiquée, c’est encore mieux quand on l’observe de loin, sans la déranger.

CygneVaires

Il suffira d’un cygne …

Ce n’est pas la première rencontre de ce type que j’ai faite, et ce ne sera pas la dernière. Sans vouloir passer mon temps à filmer chacune de mes pérégrinations vélo-cyclistes, c’est le genre d’épisode que je regrette de ne pas avoir pu filmer. Mon téléphone reste bien à l’abri dans la sacoche, et de toute façon, lancer l’application Photo, viser, capturer serait bien trop long.

Mon guidon est bien dégagé depuis l’installation de la sacoche arrière, et j’y verrais bien une petite caméra, avec une batterie suffisante et une optique raisonnable. Allez, c’est bientôt Noël… Non ? Ah bon.

Petite précision avant de fermer pour la nuit : il s’agit de cygnes tuberculés.

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